Laure, une Serésienne de 104 ans, a vaincu le coronavirus!

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C’est une centenaire en pleine forme qu’a rencontrée notre journaliste.
C’est une centenaire en pleine forme qu’a rencontrée notre journaliste. - Thomas Van Ass

Un petit bout de femme, mais plein d’énergie, vient nous retrouver en marchant toute seule, sans aucune aide, dans le corridor du bien nommé « home du Centenaire » à Ougrée. Elle porte un masque mais uniquement par précaution puisqu’elle n’est plus contagieuse. « Je me souviens avoir été malade, j’ai eu de la fièvre, mais j’ai été très bien soignée, explique-t-elle. Par des gens serviables et sympathiques ! »

Et pourtant elle revient de loin. « Le 6 avril, elle a commencé à présenter les premiers symptômes, explique le médecin-coordinateur Rosario Pitruzzella. Mais dans la nuit du 11 au 12, sa fièvre est montée à 39º et elle se déstabilisait. » Ordre est alors donné de la transporter en urgence au CHU de Liège où elle est testée positive au Covid-19.

Là, elle sera prise en charge de manière classique et ne devra heureusement jamais être intubée. Elle y est restée jusqu’au 22 avril dernier, jour où elle est revenue complètement guérie « avec un certificat de non-contagion », ajoute admiratif son médecin. « Revenir ainsi à 104 ans, c’est vraiment que tout espoir est permis pour tout le monde ! »

Une battante

Née en 1915 à Strée-Modave, Laure Jacob a été élevée par des religieuses jusqu’au jour où elle a rencontré son mari. « Il travaillait dans les fabriques, chez Cockerill, ajoute-t-elle. Du coup, on s’est installé dans le fond de Seraing. »

De son union sont nés neuf enfants, ce qui explique qu’elle n’a jamais travaillé professionnellement. « Je n’avais pas le temps de faire mon cinéma, vous savez. Le linge à l’époque, on le nettoyait à la main. Et j’avais les doigts tout rêches. »

C’est donc avec de nombreux enfants en bas-âge qu’elle endura la seconde guerre mondiale. Ce qui lui a certainement donné ce caractère de battante. « Si j’avais eu un fusil à l’époque, je l’aurai bien utilisé, dit-elle en joignant le geste à la parole. Alors un petit virus, qu’est-ce que c’est ça pour moi ? », rigole-t-elle.

Voir mes enfants

Depuis qu’elle est revenue dans ce home ougréen qui a été durement frappé par le coronavirus, avec une dizaine de décès, elle a retrouvé l’appétit et la joie de vivre car le personnel est « adorable avec moi ».

« Grâce à Dieu, je peux aussi revoir mes enfants et je suis heureuse. Même s’ils ne viennent pas souvent pour le moment à cause du virus. J’aime voir grandir mes enfants et mes petits-enfants. Et je bénis le ciel d’être encore ici à 104 ans. Je vis au jour le jour et je n’ai pas envie que ça s’arrête. Même si c’est le Seigneur qui décidera. »

Une belle leçon d’optimisme et de l’énergie à revendre chez Laure Jacob qui, après ce qui lui est arrivé, est bien partie pour battre un record de longévité.

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